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mercredi 8 juillet 2009

Un nouveau Poster réalisé par Anne Gebhardt


Apports de la micromorphologie des sols à l’interprétation de trois séquences pédo-sédimentaires lorraines fossiles bien datées.

GEBHARDT Anne1,2,5 GEORGES-LEROY Murielle3, ROHMER Pascal2, TRIBOULOT Bertrand4,5

1 : ERL 7230, Laboratoire Image, Ville et Environnemement, Université de Strasbourg ; anne.gebhardt-even@inrap.fr ; 2 : INRAP ; 3 : DRAC Lorraine, UMR 6249 Chrono-environnement ; 4 : SRA Ile de France, UMR 7044 Etude des Civilisations de l’Antiquité, 5 : ARCHEO VOSGES

Cette étude micromorphologique de trois séquences pédo-sédimentaires lorraines, fossiles bien datées, a été présentée par Anne Gebhardt aux 10èmes Journées d’Etude des Sols de Strasbourg, les 11-15 mai 2008 dans la session : Archives pédologiques. Elle permet de mieux comprendre l’impact des activités agropastorales anciennes sur les sols et souligne une fois de plus l’intérêt de cette méthode à la compréhension des interactions passées entre l’homme et le milieu.

Implantée dans la boucle de la Moselle entre Nancy et Toul et limitée à l’Est par la Côte Bajocienne surplombant la vallée de la Meurthe et sa confluence avec la Moselle, la Forêt de Haye, a fossilisé plus de 8000 ha de vestiges d’habitats et agraires. Ces derniers sont de vastes pierriers en élévation ou des talus, développés sur plusieurs centaines de mètres de long, délimitant parcelles, enclos ou chemins et fréquemment associés à des tas de pierres circulaires. En relation avec ces structures agraires, les travaux de l’équipe (Georges-Leroy et al, 2007) révèlent, le développement sur le plateau de petits habitats et annexes agricoles dispersés, au cours du 1ers de notre ère. L’étude micromorphologique d’un sol ancien localisé en limite d'un habitat révèle deux phases d’évolution avant recouvrement par un tas d’épierrement. A la base une racine de sol de type brun lessivé (luvisol) développé sous un couvert forestier et caractérisé par de nombreux revêtements argileux limpides non perturbés est encore intacte. Le sommet du paléosol apparaît fortement anthropisée au cours du premier siècle après Jésus-Christ avec, d’abondants revêtements poussiéreux révélateurs de l’ouverture du milieu et la mise à nu du sol, et de nombreux éléments charbonneux et phosphatés liés à l’amendement des parcelles (Georges-Leroy et al, en prép). Améliorant le sol, ces apports phosphatés anciens influencent encore la croissance de la végétation actuelle de la forêt de Haye (Dupouey et al, 2002 ; Dupouey et al, 2007), confirmant le rôle majeur de l’histoire des sols sur les variations actuelles de la biodiversité.

A Imling, dans le pays de Sarrebourg, des fouilles archéologiques dirigées par Pascal Rohmer, ont mis au jour une villa gallo-romaine du début du Ier siècle après Jésus-Christ occupée pendant plus de trois siècles. Dans la cour de la villa, des bâtiments annexes, des fossés de drainage et un bassin qui servait à nettoyer les sabots des bêtes de trait après les labours (aigayoir), semblent marquer la vocation agricole de l’ensemble. Sous les dépôts très anthropisés d’abandon de la villa (mortiers, revêtements argileux poussiéreux) l’analyse au microscope révèle une racine de sol de type brun lessivé (microstructure finement agrégée, revêtements argileux limpides) sur laquelle repose en discordance des dépôts colluvionnés (fragments de Bt remaniés, nodules de fer arrondis, fragments de semelle de labour) qui marque une forte érosion antérieure à la construction de la villa romaine

Le site de hauteur de « Varinchâtel » (Saint-Benoît-la-Chipotte, 88), cerné par deux enceintes talutées, est le plus ancien habitat celtique fortifié connu dans le département des Vosges (Triboulot et Michler, 2006a). A une trentaine de mètres en contrebas du sommet, une petite carrière moderne laisse apparaître une séquence pédo-sédimentaire issue de l’altération des grès permiens, scellée sous l’enceinte secondaire datée du Vème s. av. Jésus-Christ (Triboulot et Michler, 2006b). Les revêtements d’argiles limpides remaniés observés à la base de la séquence attestent l’érosion d’un sol atlantique développé sous couvert forestier. Précédant l’enfouissement, il y a 2500 ans, une forte anthropisation (nombreux charbons) et une mise à nu du sol (abondants revêtements poussiéreux en place) succède à cette phase de dégradation forestière. Au cours des deux derniers millénaires l’érosion se poursuit, formant une seconde séquence pédo-sédimentaire qui vient recouvrir le rempart. En accord avec les quelques autres résultats paléo-environnementaux du secteur (Guillet, 1972 ; Kalis et al, 2006), cette étude révèle une forte perturbation humaine sur le paysage dès l’époque gauloise dans les Vosges gréseuses, dont les reliefs dénudés ne ressemblaient pas à ceux couverts de forêts d’aujourd’hui.

Si la confrontations de ces premiers résultats à ceux d’autres travaux paléo-environnementaux reste nécessaire, ces exemples montrent combien les sols lorrains ont été localement influencés, à des degrés variables, par les activités humaines depuis au moins 2500ans. Sur les pentes des montagnes vosgiennes gréseuses, l’érosion semble plus rapide et plus précoce. Sur le substrat marneux et les pentes plus douces du pays de Sarrebourg, les formations pédologiques semblent affectées plus tardivement par l’impact humain, il y a moins de deux millénaires. Dans ces deux cas, l’érosion semble dominante, liée à une mise à nu du sol peut-être d’origine agraire. Bien que fortement anthropisé, le profil pédologique de la Forêt de Haye ne montre pas d’érosion intense à l’aplomb du pierrier, ce dernier ayant sans doute très vite scellé un sol que l’enrichissement organiques a pu stabiliser. La formation de terrasses agricoles participant au maintien des sédiments, suggère un paysage agraire maîtrisé.

Si elle n’atteint pas les proportions dramatiques actuelles, l’ampleur de l’érosion agraire passée n’en reste pas moins significative et étonnement précoce.

Bibliographie

Dupouey, J.-L., Dambrine, E., Laffite, J.-D., Moares, C., 2002, Irreversible impact of past land use on forest soils and biodiversity, Ecology, 83(11), p. 2978-2984.

Dupouey J.-L., Sciama D., Lafitte J.-D., Georges-Leroy M., Dambrine E., 2007, Impact des usages agricoles antiques sur la végétation en Forêt de Saint-Amond : interaction avec le traitement sylvicole actuel., in La mémoire des Forêts, Colloque Sylva pp181-190.

Georges-Leroy M., Bock J., Dambrine E., Dupouey J.-L., Gebhardt A., Laffite J.-D., en prep., Un paysage agraire gallo-romain conservé dans le massif forestier de Haye (Meurthe-et-Moselle), in Actes de la table-ronde de Caen « Des hommes aux hamps » octobre 2007.

Georges-Leroy M., Heckenbenner D., Lafitte J.-D., Meyer N., 2007, Les parcellaires fossilisés dans les forêts lorraines, La mémoire des Forêts, actes du colloque « forêt, archéologie et environnement, pp.121-131.

Kalis Arie J., Knaap W. O. van der, Schweizer Astrid, Urz Ralf, 2006, A three thousand year succession of plant communities on a valley bottom in the Vosges Mountains, NE France, reconstructed from fossil pollen, plant macrofossils, and modern phytosociological communities, Veget. Hist. Archaeobot., 15, pp 377–390.

Guillet B., 1972, Relation entre l’histoire de la végétation et la podzolisation dans les Vosges, Thèse de doctorat de l’université de Nancy, 112 p.

Triboulot B. et Michler M., 2006a, Aristocratie celtique sur les habitats fortifiés d’Etival-Clairefontaine/Saint-Benoît-la-Chipotte « Varrinchatel » et de Taintrux « Chastel », Nouvelles Archéologies, Bull. de la Soc. Philomathique Vosgienne, HS n°3, pp.21-30.

Triboulot B. et Michler M., 2006b, Nouvelles traces d’extraction de minerai dans la moyenne vallée de la Meurthe (88). Première campagne de prospection inventaire. Nouvelles Archéologies, Bull. de la Soc. Philomathique Vosgienne, HS n°3, pp.9-20.

Mot clefs : pédologie, micromorphologie des sols, érosion, évolution des paysages agraires, archéologie environnementale.




mardi 18 novembre 2008

Compte-rendu de la dernière réunion scientifique


Les 19 et 20 septembre 2008 a eu lieu au Musée Pierre-Noël, à Saint-Dié-des-Vosges, une rencontre scientifique, organisée par ARCHEO VOSGES. Coordonnée par le Dr. A. DEYBER (archéologue et Vice-président de l’association Archéo Vosges) et le Dr. Anne GEBHARDT (géo-archéologue), cette rencontre avait pour but le développement d’un programme de recherche sur l’ évolution des milieux et peuplements dans le bassin de Saint-Dié-des-Vosges.

Durant la première journée, une vingtaine de chercheurs de spécialités complémentaires (histoire, géographie, archéologie, géologie, pédologie, botanique, géophysique…) et d’horizons divers (CNRS, Universités, ONF, INRAP,…) ont présenté leurs travaux (photo1) déjà en cours sur le secteur pour certains, ainsi que le potentiel à explorer par les nouvelles méthodologies pour les autres.

Après un discours de bienvenue par le Dr A Deyber (archéologue, administrateur civil), Daniel Grandidier, (Conservateur en chef du Patrimoine et Directeur du Musée Pierre-Noël de Saint-Dié-des-Vosges) à présenté le contexte historique et géographique de la Déodatie, centre d’intérêt du programme. Puis un point sur le potentiel archéologique de la région fut effectué par les archéologues H. Beaudouin (préhistorien, doctorant Université des sciences humaines, Nancy 2), le Dr. A. Deyber, F. Pierre (archéologue minier, INRS, UMR 8589 Paris I Panthéon-La Sorbonne, LAMOP), et M. Michler (archéologue, INRAP). Les dernières avancées géomorphologiques sur la région ont ensuite été dévoilées par le Pr. S. Occhietti, (géomorphologue/préhistorien, Université des sciences humaines Nancy 2). Le Pr. M. Munschy, (géophysicien, EOST-Université de Strasbourg) a montré ce que la géophysique pouvait apporter aux recherches paléo-environnementales. Une large place à ensuite été faite aux spécialistes des sciences du sol comme le Dr P. Houben (sédimentologue, Université de Frankfort, Allemagne), travaillant sur l’érosion historique des sédiments et l’équipe de l’UMR 7011 de l’Université de Strasbourg (Pr. D. Schwartz/pédologue, D. Ertlen /spectrométrie infra-rouge, Dr A.Gebhardt/micromorphologie des sols) spécialisée dans la caractérisation des paléosols, leur datation et l’étude de leurs matières organiques par spectrométrie infra-rouge (NIRS).

La botanique n’a pas été en reste. Dr J. Kalis, palynologue à Université de Frankfort (Allemagne) à dressé le bilan de ses 20 années de recherches dans les Vosges. Dr S. Goepp (UMR 7011-Strasbourg), nous a présenté l’intérêt de l’étude des micro-charbons de bois du sol pour la connaissance de l’évolution des paysages.

L’approche historique, enfin, a été abordée par quelques chercheurs travaillant en Déodatie. Les archives forestières étudiées par le Dr. X. Rochel (Université des sciences humaines, Nancy 2) se montrent intéressantes pour la connaissance de l’état des forêts depuis la création des grueries au XVIèmes. De son côté, A. Claude, archiviste minier, nous à fait part des apports potentiels issus du dépouillement des archives de la Croix aux Mines. Et enfin, G. Grau, (archéologue, auditeur libre à l’Université des sciences humaines Nancy 2) nous a proposé une relecture paléo-environnementale inédite de la Guerre des Gaules.

Retenus par d’autres obligations, J. Wietold, spécialiste des macro-restes végétaux (UMR 5594, Dijon) et W.Teggel dendrochronologue (DendroLab, Allemagne) nous ont transmis leur intérêt pour l’acquisition de nouvelles données dans les Vosges , un secteur encore peu étudié dans leurs disciplines. Le Dr. E. Garnier (Université de Caen, Commissariat à l’Energie Atomique), spécialiste des archives climatiques nous a proposé de recueillir toutes les données locales qui pourraient intéresser la communauté, concernant notamment l’histoire du climat et les remaniements paysagers des fonds de vallées liés aux aménagements hydrauliques (XVIème s. à nos jours).
Les débats et discussions se sont prolongées tout au long de la soirée au cours du Cocktail offert par la municipalité de Saint-Dié-des-Vosges et d’un repas amical au musée.


Le lendemain matin, sous un soleil magnifique, toute l’équipe (Photo2) a pu visiter quelques secteurs intéressants pour des études croisées. Les différents arrêts ont permis de se rendre compte du potentiel archéologique (Le Chazeté, Les Fossottes), historique (Haut-Fer, Moulins) et paléo-evironnemental (zones humides) des hautes vallées de la Mortagne et de la Valdange. Puis après une rapide visite des carrières d’extraction de meules celtiques et gallo-romaines des « Fossottes » à La Salle, nous avons eut droit sur l’Oppidum de « La Pierre d’Appel » à Etival-Clairefontaine aux derniers éclaircissements concernant la fouille dirigée par le Dr A. Deyber il y a une vingtaine d’années (Photo3).


Après un repas tiré du sac tardif, les discussions sur l’élaboration d’une stratégie d’étude et les financements possibles du programme envisagé ont pu reprendre au Musée Pierre-Noël (Photo4).
Les prochaines étapes seront, outre l’élaboration d’un projet précis et la recherche de subventions, la mise en route de prospections et du suivi des travaux d’aménagement et forestiers hors sites archéologiques afin de récolter un maximum de données paléo-environnementales. Des « zones ateliers » pourraient ensuite être définies et confiées à différents spécialistes.
N’ayant pas pu être présent au pot amical de la veille, mais s’intéressant de près à nos travaux qui bénéficient d’une aide financière du conseil régional, Monsieur J.-M. Lalandres, conseiller régional, nous a rejoint en fin de séance pour prononcer quelques mots d’encouragement à l’intention de la communauté des chercheurs réunis (Photo5).

Un bilan complet de ces journées avec un résumé des principales communications sera publié dans le prochain bulletin d’Archéo Vosges.
A suivre donc….

vendredi 27 juin 2008

A venir en Déodatie

Un projet de recherche interdisciplinaire archéo-environnemental en Déodatie.

Pour comprendre la relation entre l’homme et l’environnement, nous devons garder en mémoire le fait qu’une grande part des activités humaines se sont développées hors de l’habitat et que la formation des paysages résulte d’une longue transformation qui a débuté au Néolithique. Il est donc nécessaire de repenser l’étude des paysages de façon diachronique et à l’échelle régionale.

La Déodatie est un petit territoire riche en histoire, situé au coeur d’un environnement très marqué par les occupations humaines depuis l’Age du Fer jusqu’à la période actuelle, mais dont l’évolution dans le temps reste encore mal connue. C’est à partir de cette constatation, et de la rencontre, au sein d’ARCHEO VOSGES, entre archéologues et spécialistes de l’évolution de l’environnement, qu’est né le projet d’une recherche pluridisciplinaire sur l’évolution des milieux et peuplements dans le bassin de Saint-Dié-des-Vosges.

Le but de ce programme de recherches paléo-environnementales, centré autour de Saint-Dié-des-Vosges est donc de mieux appréhender l’évolution des milieux contemporains des activités humaines qui se sont succédé en Déodatie, par le biais de plusieurs disciplines issues des Sciences de la Terre et des Sciences de l’Homme. Ce programme se propose de réunir plusieurs chercheurs et universitaires internationaux, issus de différentes disciplines, en leur proposant comme terrain d’étude commun : la Déodatie. Nombre de ces chercheurs sont déjà fortement impliqués dans les recherches sur la région, d’autres y ont déjà travaillé par le passé ou sont fortement intéressés par cette approche multi-disciplinaire.

La première rencontre entre les chercheurs intéressés par ce programme aura lieu à Saint-Dié-des-Vosges (19/20 septembre 2008). Elle sera l’occasion de faire le point sur les travaux déjà effectués par le passé dans la région et de présenter le potentiel de la Déodatie aux nouveaux chercheurs impliqués. Les travaux scientifiques, étalés sur 3 ou 4 ans devront déboucher sur des publications scientifiques et de nombreuses opérations locales plus tournées vers le grand public (expositions, conférences, animations pédagogiques, etc…)

En partenariat avec les différentes unités de recherche impliquées, l’Association Archéo Vosges pourrait alors servir de plateau technique pour faciliter le déroulement local du projet.


Cette rencontre scientifique est organisée par ARCHEO VOSGES avec le soutient du Conseil Régional de Lorraine, de la ville de Saint-Dié-des-Vosges et du Musée Pierre Noël.

dimanche 9 mars 2008

Thèse de notre Vice-Président


Monsieur Alain Deyber nous transmet plusieurs documents relatifs à sa thèse intitulée :

"En Gaule à La Tène finale : Stratégies, tactiques et techniques celtiques de la guerre (de la Tène D1 à la romanisation - IIe / Ie siècles av. J.-C."

Un résumé en français est disponible en ligne ci-dessus.

Un résumé en anglais, des mots-clés et le texte de la présentation publique (format PDF) sont disponibles sur simple demande à l'adresse suivante : archeovosges@gmail.com

vendredi 15 février 2008

Origine, histoire et dynamique des Hautes-Chaumes du massif vosgien


Ferme du Kastelbergwasen, massif du Hohneck (Photo D.Schwartz)

Stéphanie Goepp, docteur en géographie de la faculté de Strasbourg et membre d'Archéovosges, nous propose un résumé de sa thèse soutenue le 29 novembre dernier.


Les « Hautes-Chaumes » des Vosges constituent des milieux naturels caractérisés par l'existence de vastes espaces pastoraux. Leur origine et leur évolution n'avaient jusqu'à présent donné lieu qu'à peu d'études paléo-environnementales. Classiquement, une faible partie des Chaumes était jusqu'à présent considérée comme naturelle (chaumes « primaires »). Pour les autres (chaumes « secondaires »), en dessous de 1250/1300 m d’altitude, il avait été proposé sur la base de l’analyse des archives historiques, qu’elles résultent des défrichements effectués pour créer des pâturages d'altitude vosgiens et qu’elles soient l’oeuvre des moines qui ont colonisé les vallées vosgiennes entre les VIIe et VIIIe siècles de notre ère. Notre travail a cherché à établir l’origine et l'évolution de ces milieux, à la fois à des échelles locales et à une échelle de temps longue (Holocène). La méthodologie employée ici repose sur l'analyse des sols et des macro et micro-restes végétaux des sols, seuls marqueurs en mesure de nous permettre de telles reconstitutions. La pédo-anthracologie en particulier nous a permis de mettre en évidence les évolutions contrastées des chaumes.
Nos résultats établissent qu’il n’y a pas de chaumes « primaires », mais qu’elles résultent toutes de défrichements. L’ensemble des sommets a subi, depuis la fin du Néolithique, les influences répétées de l'Homme - notamment des défrichements par le feu. Dans le massif du Hohneck, ces défrichements datent au moins de l'âge du Bronze ancien, démontrant la précocité de l'utilisation par l'Homme de ces espaces comme pâturages. Quant au massif du Rossberg, les premiers défrichements ont une origine légèrement plus tardive (Bronze moyen). Les évolutions de ces milieux ont depuis été contrastées, avec des alternances d'abandons et de ré-exploitations pastorales. Quoi qu'il en soit, les défrichements intervenants plus tard au cours de la Protohistoire, l'Antiquité et l'Histoire peuvent être considérés comme des reconquêtes d'espaces ouverts par le feu puis abandonnés (donc secondaires). Ce travail remet donc en cause à la fois l'existence de chaumes « primaires » et l'âge supposé médiéval des premiers défrichements sur les chaumes considérées comme « secondaires » par les historiens, telles que celles du Rossberg. Les contrastes chronologiques des épisodes de défrichements entre les deux massifs soulignent également la nécessité d’aborder cette thématique à des échelles très locales.

Mots-clés : Pédo-anthracologie, paléobotanique, défrichements forestiers, âge du Bronze, âge du Fer, charbons, paléo-environnements, déboisements, feux, pâturages, écotone forêt / prairie, pastoralisme, Hautes-Chaumes, Vosges, France


Ferme du Schiessoth, massif du Hohneck (Photo D.Schwartz)




lundi 28 janvier 2008

Soutenance de notre Vice-Président

Monsieur Alain Deyber a soutenu sa thèse de DE à l'université de Paris-Sorbonne - Paris IV, le 9 fvrier 2008. Le titre de docteur d'Etat en Histoire ancienne lui été décerné avec mention "Très honorable".

Sa thèse s'intitule : « EN GAULE À LA TENE FINALE : STRATÉGIES, TACTIQUES ET TECHNIQUES CELTIQUES DE LA GUERRE (De La Tène D1 à la romanisation – IIe/-Ier siècle av. J.-C.) », préparée à l’université de Paris IV -Sorbonne sous la direction de Monsieur le professeur André LARONDE membre de l’institut assisté de Monsieur Jean-Paul Guillaumet directeur de recherches au CNRS, Monsieur le professeur Yann Le Bohec, Monsieur le professeur Michel Reddé, et Monsieur le professeur Miklòs Szabò ancien recteur de l’université de Budapest.

lundi 7 janvier 2008

Prospection et relevés à Brouvelieures















Julien Trapp et son équipe (Grégory Etienne, Sophie Humbert, Pierre-Marie Mercier, Béatrice Panisset et Anne Wilmouth) ont effectué le relevé topographique du site "les ruines des templiers" à Brouvelieures, du 27 octobre au 3 novembre 2007. Ils ont relevé tout les murs apparents et une prospection électrique a été effectuée par Christian David (INRAP) pour déterminer la présence ou non de structures sous la couche d'humus.
Les résultats de ces travaux seront publiés dans le prochain bulletin d'Archéovosges.